L’eau, un patrimoine à partager: zoom sur le polder de l’Aa

A l’initiative de l’association « Comprendre », notre association AQUA était invitée à parler du partage de l’eau, en tant que notre patrimoine commun, le 29 mai dernier à Socx.

Située au sein du polder de l’Aa, aménagé depuis le 7ème siècle, via l’assèchement de marécages et marais, ce territoire a été sous les projecteurs des médias suite aux inondations de l’hiver 2023-2024. Plus de deux ans après, leur souvenir est encore prégnant et ce temps d’échange était l’occasion de redécouvrir l’histoire des aménagements hydrauliques sur ce delta « gagné » sur la mer, et de parler notamment des wateringues, par la voix du directeur de l’Institution intercommunale des Wateringues, Philippe Parent.

Le public composé d’élus, de riverains, d’agriculteurs, de citoyens éclairés ou néophytes, était curieux de comprendre les interactions entre les usages de l’eau, bien spécifiques sur cet espace particulièrement exposé aux enjeux de montées des eaux, océaniques ou terrestres. D’ailleurs l’Institution des wateringues a vu son portefeuille de gestion hydraulique s’élargir au fil de ces dernières années avec certains des systèmes d’endiguement de Calais, Gravelines et Dunkerque, outre 140 km de canaux à restaurer.

Au travers des exposés de Philippe Parent et d’Elodie Denizart, présidente d’AQUA, le public a pu appréhender de manière plus claire l’évolution permanente des ouvrages hydrauliques de cette région de polder. Construits historiquement pour des raisons militaires, agricoles, commerciales, sanitaires ou sécuritaires, les ouvrages des wateringues, mais aussi plus généralement des canaux, étangs, fossés ou moulins (à eau et à vent), sont interrogés aujourd’hui au regard des événements climatiques de plus en plus extrêmes.

Que ce soit pour des usages agricoles, industriels, portuaires, de loisirs, ou de préservation de la biodiversité, l’entretien et la gestion de l’ensemble de ces ouvrages hydrauliques doit être un sujet reconnu et abordé par les acteurs de l’eau et les collectivités territoriales. Mais qui est responsable de leur entretien, à quel prix? Et comment sont réparties les charges des ces coûts, qui peuvent aussi être vus comme des investissements pour notre résilience climatique?

Si les humains persistent à vouloir habiter ce polder, comme le font par exemple les habitants des Pays-Bas, en jonglant avec les eaux douces et les eaux marines, il faut que l’ensemble des riverains aient en conscience les opportunités et les risques associés à cette situation, et que ces questions soient régulièrement débattues sur l’ensemble d’un territoire impacté par la gestion des eaux visibles et invisibles (nappes souterraines).

Un sujet qui nous porte à réfléchir à l’échelle transfrontalière avec nos voisins belges et néerlandais, mais aussi avec d’autres polders européens…